VIII 4 REBOURS A LA CASSE DES PARTS, janvier 2005

 

*

VERS LENTS VERBEUX

Poème bovin

J'ai tété aux vers boeufs
Ce ne fut pas le pis
Ah la vache

J'ai donné tort aux veaux
De la télé dévots
Aux ors mornes

J'ai pris mon vers mi fugue
Mi raison par les cornes
Diable on danse

J'ai tiré par la queue
Mon verre d'eau de là
Du beau vin

J'ai mis que ça gémisse
ça beau ce que ça vaut
Poil aux beaufs

RER A, 31 janvier, 8h35

*

HORS DÉROUTE

Feuille vive en tant de saisons
Tombant en douce déraison
En vol à jamais libre
Emporte-moi

J'ai déchiré le temps perdu
Lourd de confusion répandue
Pour n'avoir à savoir
Que faire

Suivons les vents sans oraison
Nous dessinant nos horizons
Poussés plus loin de souffles ivres
Emporte-moi

Laissons à son sort suspendu
Qui fait affaires entendues
Pour n'avoir plus de raison
Que faire

FoSoBo, 27 janvier, 21h05

*

LES "TA" C'EST MOI
Chanson, à Bobby Lapointe sur l'air du refrain de "Mon père et ses verres" ou kekchose com'ça
 
C'est Annie qu'elle s'appelle
Au-dessus que t'habite
Elle est assez belle
Et qui plus est accorte
 
Tape-toi ta voisine
N'en fais pas tabou
Allez mon Achille
T'as vu ces talons
 
Ta vie est au bout
De ton vit avide
Prend ta vitamine
Tout tient à ç't'atout
 
Sa mère est absente
Ta panique est amère
Son père étalé
(au soleil)
T'as qu'à yaller voir
(au hasard)

Sa bouche est à prendre
Son nez épâté
Ses seins sont appel
Ton dessein t'attend
 
(T'as besoin d'un crayon, dis ?)
 
Elle te met à l'aise
Sous ta chemisette
Ses mains sont tapies
(T'as glissé tes chaussettes sous le tapis)

Sa taille ainsi faite
De yaourt allégé
Elle est admirable
(de lapin...)
 
(Attention cher public, ça devient très gros, très grossier, hié hié hié, au désespoir tenant d'obèses circonstances)
 
Voilà que se pointe
Là pointe
Une habile litanie
Dans le lit d'Annie

Qui n'est pas kabyle
(Moi non plus t'as capté)
Faut tout arrêter
Car tout a raté
 
(Hé, taré, t'as raison, trahison !)

Au nez elle t'a ri
T'as la tête vide 
Ci-el son mari
Mon talent tari

L'honnête est allé
A l'éthérée nuitée
(Pour l'immortalité, t'inquiète pas, ya pas que ta voisine, ni que son père, avec le soleil... eil eil eil)
RER A, 24 janvier, 19h42
 

*

DON'T STOP THE ROLL ROLLINS 

Sonnet à neuf temps avec Sonny ROLLINS (number two)

Bon tonton roule la valse chaude
De vents arrières de si de la
De bois d'ébène fort de cool hot
Dégaine ton colt hard tout est là

Rien s'en va there his no greater love
Nos amours se ramassent sans peine
Au point sans orgueil de ton souffle of
Global warming heart out sax open

Freedom suite fruits d'hommes étranglés
Étranges aux branches étrangères
Flora Billie nos fleurs d'avenir

Softly asian mort dingue scène rase
Matin doux dansé sous le sunrise
What is this chose qui n'ose pas venir

FoSoBo, 24 janvier 2005

Way out West, by Sonny Rollins, Ray Brown, Shelly Manne

Freedom suite, by Sonny Rollins, Oscar Pettiford, Max Roach

Softly as in a morning sunrise, by Sonny Rollins, Wilbur Ware, Elvin Jones

Valse hot, Global warming, What is this thing called love, Don't Stop the carnival...

Strange Fruit, by Billie Holiday

Flora Tristan

* SONNET MUSETTE SONNY SOUPAULT

Musette ah ma musette ah ma muse
Je suis saoûl je suis saoûl sous Soupault
Petit le monde petite ruse
A la rue par les chants dans la peau

Si je suis sans le sou ça m'amuse
Car les gens sont d'argent les suppôts
Et Dali c'est délit dont on use
Être grand c'est petit en un mot

Moi la vie c'est la valse au temps neuf
Où Max Roach à l'envers pour Sonny
Tape aux cymbales lui fait son nid

T'as pas cent balles c'est pour sonner
Les Pâques des fois que les pas que
Je fais dans le sonnet ne me man...

Paris, une nuit de 1989 (voir LIVREDEL, la 647ème...)

*
 
EN RAGE ENGAGE
Improétique en temps irréel,
A Michel LEIRIS
 
Grève sans rêve
Grand hors du rang sans cran
Dans les dents creuse
La gueuse
 
Carie (qu'as-tu) car tu carrément ment
Carré pour m'en tirer
Car elle m'abuse docteur dentesque
Par ruse abstruse
 
En m'amusant je crie
Grisé j'écris en gris
Gris-gris pour cri
Sans tri ni patrie
 
Quartier où tiers étale
Des moi d'émoi
Des grâves de la faim défunts
Des patrie-moines soldats défaits
Républicains sans bière
Que mort subie
 
Sous les cerises du temps
Nous restent les gâteux
La preuve c'est qu'on en mange
 
Bus 301, RATP, 22 janvier 2005
*
 
TRAJETS DITS
rap on ratp rapt te r'tape
Debout debout
On t'a sonné on t'a sommé
On t'a tiré du sommeil assommé
Trêve ton rêve est à bout
rap on ratp rapt te r'tape
Train de ma peine où tu me mènes
rap on ratp rapt te r'tape
Sans transition t'es en transit
Un quai bondé jamais n'abolit le départ
On va te mettre en train hagard
Des plus bourrés que nul n'évite
rap on ratp rapt te r'tape
Train de ma peine où tu me mènes
rap on ratp rapt te r'tape
Debout debout
De la tête à la queue corps sans corps
Toute l'essence humaine est de viande en transports
Désincarnée touche à touche tabous
rap on ratp rapt te r'tape
Train de ma peine où tu me mènes
rap on ratp rapt te r'tape
Sang sur la voie Perturbé le traffic
Encore un mort privé sans souci du public
Chacun le sait chacun se tait
Censure la voix perdue la vérité
rap on ratp rapt te r'tape
Train de ma peine où tu me mènes
rap on ratp rapt te r'tape
Debout debout
La vie reprend son train normal
Pour vendre en transe porc c'est pas mal
Le RER ira au bout
rap on ratp rapt te r'tape
C'est plus la peine
J'ai descendu
RER A, 21 janvier 2005, 20h14
 
*
 
PASSE GRATUITE
Salaire sale ère
Vite opère vitupère
L'époque de vipères
Sans poings
Vies perdues à l'amer
 
Qu'on noie sous la loi comme sous la mère
A boire hic'
Sers-moi encore un verre
Vers nous l'accort accord serre
Vis sert vice et vers ça
 
Ah ça ira où ça
A la République
Service com-
Prix rendu comme on dit qu'on
Gerbe ou qu'on nique
 
Public lubrique
Démotivé comme on dit qu'on
Se couche dans le lit qu'hommes
Défaits après la fête
Dans la litière d'Etat de la défaite
On entasse
 
Tortues tordues sans carapace
Qui se tortillent et pensent
Qu'elles dansent
Au son bidon sous panses
Mais ne font que passer
Comme on pisse
 
Las
 
Lice en laisse
 
Mois après mois
Âpre émoi le déluge
 
Déprime pour salaire
 
FoSoBo, 21 janvier 2005
*
 
SANS PROMESSES DES SANS
A la folie des miens et à la mienne, buvons !
Je ne suis qu'un vendu
Une pute et soumise
Perdu je gère
Sous l'Etat j'erre
Grimpé sans prise
En me rongeant les sangs
Effréné de vos peurs
A voile et à vapeur
 
Salarié sale en rien
Pitancé comme un chien
Méchant sans haine
Accroché à sa chaîne
Baveux sans faim
Bavard afin
De conjurer le sort
Enviable qui me sort
En diable par les yeux
 
Refait par d'autres dieux
A contretemps
Quand la vérité ment
Simple pourtant
A son amant
Sans jamais l'épouser
Juste l'épousseter
D'un souffle impur
 
Et d'un coeur dur
A la colère trop honnête
La mettre au net
Entre alliés née
Nez à nez liés
Tombée des cocos fiers
Fracturés du collier
 
Mais fou encore
Avide d'un désir
De vivre au vain plaisir
En tuant la mort
 
Sans promesse des sans
Nous sommes tous du sang
 
Fosobo, 18 janvier 2005
 

*

EN VERS ET CONTRE BOUES

En mer et contre vents
Contre-temps fâcheux pour des gens si sympas
Encore des corps dans le décor
Des corps beaux de leur vies
En corbeilles de mort
Faim damnée de fois grasses
Fin d'année lasse
Président
 notre Père compassioné, Ôdieu notre sous-vérin : parle-nous !

Vague à l'âme débordée sur le feu et qui nous monte aux yeux comme une larme
De fond monétaire FMI affamé de tous corps faméliques
L'oeil dedans pour dent médiocratique
A nous soustraire son addition sans armes
Que la petite monnaie humanitaire
Quand l'humain nie la terre :
Colère
Mais que pèse l'écrit sous le poids de la mort ?

Pourtant il eut suffit qu'avant...
Et si nous avions su que nous savions qu'aurions-nous...
Mais c'est qu'avant était avant
Et le présent toujours trop tard
Aux yeux des coeurs de bourse
Sans avenir que de nous trépassés

Et la prochaine fois ça recommencera nous aurons su puisque nous savons
Avec le temps, va, tout s'en va, la vague on l'oubliera... DÉCONNE PAS, poète ! le cœur, ça bat, ça vaut la peine d'aller chercher plus loin, pas laisser faire vendre son âme aux chiens

En vers et contre boues
Entrée des gestes mous à s'envoyer en l'air paroles et tout l'enfer pour des sous
Enterrer ou attendre la mer l'éternité rend fou le soleil hâlé allez 
Envers personne, avoue, en face... personne ?... à vous :

FoSoBo, 3 janvier 2005

IndexLAPOINTE (Bobby) ; LEIRIS Michel (écrivain, ethnologue) ; ROLLINS Sonny (saxophoniste, comp, lead)
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