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VERS LENTS VERBEUX
Poème bovin
J'ai tété aux vers boeufs
Ce ne fut pas le pis
Ah la vache
J'ai donné tort aux veaux
De la télé dévots
Aux ors mornes
J'ai pris mon vers mi fugue
Mi raison par les cornes
Diable on danse
J'ai tiré par la queue
Mon verre d'eau de là
Du beau vin
J'ai mis que ça gémisse
ça beau ce que ça vaut
Poil aux beaufsRER A, 31 janvier, 8h35
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HORS DÉROUTE
Feuille vive en tant de saisons
Tombant en douce déraison
En vol à jamais libre
Emporte-moiJ'ai déchiré le temps perdu
Lourd de confusion répandue
Pour n'avoir à savoir
Que faireSuivons les vents sans oraison
Nous dessinant nos horizons
Poussés plus loin de souffles ivres
Emporte-moiLaissons à son sort suspendu
Qui fait affaires entendues
Pour n'avoir plus de raison
Que faireFoSoBo, 27 janvier, 21h05
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LES "TA" C'EST MOIChanson, à Bobby Lapointe sur l'air du refrain de "Mon père et ses verres" ou kekchose com'çaC'est Annie qu'elle s'appelle
Au-dessus que t'habite
Elle est assez belle
Et qui plus est accorte
Tape-toi ta voisine
N'en fais pas tabou
Allez mon Achille
T'as vu ces talons
Ta vie est au bout
De ton vit avide
Prend ta vitamine
Tout tient à ç't'atout
Sa mère est absente
Ta panique est amère
Son père étalé (au soleil)
T'as qu'à yaller voir (au hasard)
Sa bouche est à prendre
Son nez épâté
Ses seins sont appel
Ton dessein t'attend(T'as besoin d'un crayon, dis ?)
Elle te met à l'aise
Sous ta chemisette
Ses mains sont tapies
(T'as glissé tes chaussettes sous le tapis)
Sa taille ainsi faite
De yaourt allégé
Elle est admirable (de lapin...)(Attention cher public, ça devient très gros, très grossier, hié hié hié, au désespoir tenant d'obèses circonstances)
Voilà que se pointe
Là pointe
Une habile litanie
Dans le lit d'Annie
Qui n'est pas kabyle
(Moi non plus t'as capté)
Faut tout arrêter
Car tout a raté(Hé, taré, t'as raison, trahison !)
Au nez elle t'a ri
T'as la tête vide
Ci-el son mari
Mon talent tari
L'honnête est allé
A l'éthérée nuitée
(Pour l'immortalité, t'inquiète pas, ya pas que ta voisine, ni que son père, avec le soleil... eil eil eil)RER A, 24 janvier, 19h42*
DON'T STOP THE ROLL ROLLINS
Sonnet à neuf temps avec Sonny ROLLINS (number two)
Bon tonton roule la valse chaude
De vents arrières de si de la
De bois d'ébène fort de cool hot
Dégaine ton colt hard tout est làRien s'en va there his no greater love
Nos amours se ramassent sans peine
Au point sans orgueil de ton souffle of
Global warming heart out sax openFreedom suite fruits d'hommes étranglés
Étranges aux branches étrangères
Flora Billie nos fleurs d'avenirSoftly asian mort dingue scène rase
Matin doux dansé sous le sunrise
What is this chose qui n'ose pas venirFoSoBo, 24 janvier 2005
Way out West, by Sonny Rollins, Ray Brown, Shelly Manne
Freedom suite, by Sonny Rollins, Oscar Pettiford, Max Roach
Softly as in a morning sunrise, by Sonny Rollins, Wilbur Ware, Elvin Jones
Valse hot, Global warming, What is this thing called love, Don't Stop the carnival...
Strange Fruit, by Billie Holiday
* SONNET MUSETTE SONNY SOUPAULT
Musette ah ma musette ah ma muse
Je suis saoûl je suis saoûl sous Soupault
Petit le monde petite ruse
A la rue par les chants dans la peauSi je suis sans le sou ça m'amuse
Car les gens sont d'argent les suppôts
Et Dali c'est délit dont on use
Être grand c'est petit en un mot
Moi la vie c'est la valse au temps neuf
Où Max Roach à l'envers pour Sonny
Tape aux cymbales lui fait son nid
T'as pas cent balles c'est pour sonner
Les Pâques des fois que les pas que
Je fais dans le sonnet ne me man...Paris, une nuit de 1989 (voir LIVREDEL, la 647ème...)
*EN RAGE ENGAGEImproétique en temps irréel,A Michel LEIRISGrève sans rêveGrand hors du rang sans cranDans les dents creuseLa gueuseCarie (qu'as-tu) car tu carrément mentCarré pour m'en tirerCar elle m'abuse docteur dentesquePar ruse abstruseEn m'amusant je crieGrisé j'écris en grisGris-gris pour criSans tri ni patrieQuartier où tiers étaleDes moi d'émoiDes grâves de la faim défuntsDes patrie-moines soldats défaitsRépublicains sans bièreQue mort subieSous les cerises du tempsNous restent les gâteuxLa preuve c'est qu'on en mangeBus 301, RATP, 22 janvier 2005*TRAJETS DITSrap on ratp rapt te r'tapeDebout deboutOn t'a sonné on t'a somméOn t'a tiré du sommeil assomméTrêve ton rêve est à boutrap on ratp rapt te r'tapeTrain de ma peine où tu me mènesrap on ratp rapt te r'tapeSans transition t'es en transitUn quai bondé jamais n'abolit le départOn va te mettre en train hagardDes plus bourrés que nul n'éviterap on ratp rapt te r'tapeTrain de ma peine où tu me mènesrap on ratp rapt te r'tapeDebout deboutDe la tête à la queue corps sans corpsToute l'essence humaine est de viande en transportsDésincarnée touche à touche tabousrap on ratp rapt te r'tapeTrain de ma peine où tu me mènesrap on ratp rapt te r'tapeSang sur la voie Perturbé le trafficEncore un mort privé sans souci du publicChacun le sait chacun se taitCensure la voix perdue la véritérap on ratp rapt te r'tapeTrain de ma peine où tu me mènesrap on ratp rapt te r'tapeDebout deboutLa vie reprend son train normalPour vendre en transe porc c'est pas malLe RER ira au boutrap on ratp rapt te r'tapeC'est plus la peineJ'ai descenduRER A, 21 janvier 2005, 20h14*PASSE GRATUITESalaire sale èreVite opère vitupèreL'époque de vipèresSans poingsVies perdues à l'amerQu'on noie sous la loi comme sous la mèreA boire hic'Sers-moi encore un verreVers nous l'accort accord serreVis sert vice et vers çaAh ça ira où çaA la RépubliqueService com-Prix rendu comme on dit qu'onGerbe ou qu'on niquePublic lubriqueDémotivé comme on dit qu'onSe couche dans le lit qu'hommesDéfaits après la fêteDans la litière d'Etat de la défaiteOn entasseTortues tordues sans carapaceQui se tortillent et pensentQu'elles dansentAu son bidon sous pansesMais ne font que passerComme on pisseLasLice en laisseMois après moisÂpre émoi le délugeDéprime pour salaireFoSoBo, 21 janvier 2005*SANS PROMESSES DES SANSA la folie des miens et à la mienne, buvons !Je ne suis qu'un venduUne pute et soumisePerdu je gèreSous l'Etat j'erreGrimpé sans priseEn me rongeant les sangsEffréné de vos peursA voile et à vapeurSalarié sale en rienPitancé comme un chienMéchant sans haineAccroché à sa chaîneBaveux sans faimBavard afinDe conjurer le sortEnviable qui me sortEn diable par les yeuxRefait par d'autres dieuxA contretempsQuand la vérité mentSimple pourtantA son amantSans jamais l'épouserJuste l'épousseterD'un souffle impurEt d'un coeur durA la colère trop honnêteLa mettre au netEntre alliés néeNez à nez liésTombée des cocos fiersFracturés du collierMais fou encoreAvide d'un désirDe vivre au vain plaisirEn tuant la mortSans promesse des sansNous sommes tous du sangFosobo, 18 janvier 2005*
EN VERS ET CONTRE BOUES
En mer et contre vents
Contre-temps fâcheux pour des gens si sympas
Encore des corps dans le décor
Des corps beaux de leur vies
En corbeilles de mort
Faim damnée de fois grasses
Fin d'année lasse
Président notre Père compassioné, Ôdieu notre sous-vérin : parle-nous !Vague à l'âme débordée sur le feu et qui nous monte aux yeux comme une larme
De fond monétaire FMI affamé de tous corps faméliques
L'oeil dedans pour dent médiocratique
A nous soustraire son addition sans armes
Que la petite monnaie humanitaire
Quand l'humain nie la terre :
Colère
Mais que pèse l'écrit sous le poids de la mort ?Pourtant il eut suffit qu'avant...
Et si nous avions su que nous savions qu'aurions-nous...
Mais c'est qu'avant était avant
Et le présent toujours trop tard
Aux yeux des coeurs de bourse
Sans avenir que de nous trépassésEt la prochaine fois ça recommencera nous aurons su puisque nous savons
Avec le temps, va, tout s'en va, la vague on l'oubliera... DÉCONNE PAS, poète ! le cœur, ça bat, ça vaut la peine d'aller chercher plus loin, pas laisser faire vendre son âme aux chiensEn vers et contre boues
Entrée des gestes mous à s'envoyer en l'air paroles et tout l'enfer pour des sous
Enterrer ou attendre la mer l'éternité rend fou le soleil hâlé allez
Envers personne, avoue, en face... personne ?... à vous :FoSoBo, 3 janvier 2005